Abstract
Cette étude analyse la dualité structurelle et la criminologie symbolique des représentations de l'enseignant au sein du milieu estudiantin dans une université publique majeure en République Démocratique du Congo (RDC). Portée par une posture d'insiders, la recherche croise la socio-anthropologie de la modernité et la criminologie critique pour examiner une schizophrénie sociale : l'enseignant est perçu simultanément comme un « savant » (figure d'ascension intellectuelle et de prestige) et comme un « sorcier » ou kanga-nzela (bloqueur de destin), métaphore d'une précarité systémique dérivant vers la prédation bureaucratique, économique et sexuelle (points sexuellement transmissibles). S'appuyant sur une démarche qualitative inductive menée entre 2024 et 2026 au sein de la cité universitaire (comprenant 60 entretiens semi-directifs approfondis avec des étudiants, combinés à une observation directe et participante des espaces d'évaluation), l'étude montre que le noyau central de la transmission du savoir cohabite avec un système périphérique magico-religieux. Ce dernier rationalise l'arbitraire pédagogique commué en pratiques routinières de captation de rentes et de conditionnement des réussites académiques. L'article démontre que le recours au registre occulto-criminel fonctionne comme un outil endogène de décryptage, de dénonciation et de résistance face à la violence symbolique de l'écosystème universitaire post-colonial. La finalité de cette recherche est de mettre au jour les mécanismes spectraux de l'abus de pouvoir afin de fonder une réforme de l'éthique universitaire, capable de restaurer la confiance pédagogique et la légitimation du corps professoral.
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