Abstract
La diversification des acteurs de la sécurité soulève une difficulté centrale : leur participation ne garantit ni la cohérence des interventions ni leur légitimité démocratique. Cet article examine les conditions d’articulation entre coproduction de la sécurité et sécurité intégrée. Fondée sur une revue narrative ciblée de travaux scientifiques et de documents institutionnels, l’analyse distingue la coordination des contributeurs de l’intégration des objectifs, des instruments et des échelles d’action. La littérature française constitue le principal ancrage institutionnel ; les travaux sur la coproduction des services publics, la gouvernance collaborative et la résilience en élargissent la portée conceptuelle. L’article propose un cadre analytique organisé autour de trois exigences : cohérence stratégique, responsabilité identifiable et équité de la protection. Il soutient que la complémentarité des deux approches reste conditionnelle. Sans répartition explicite des compétences, participation inclusive et contrôle des échanges de données, le partenariat peut renforcer la fragmentation, les inégalités territoriales ou la surveillance. La contribution consiste à déplacer l’analyse d’une synergie présumée vers l’examen de ses mécanismes et de ses limites. Une gouvernance intégrée exige ainsi une capacité publique de coordination, d’évaluation et de garantie des droits, sans assimilation des missions sociales à des fonctions de contrôle.
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