Abstract
Cette étude analyse la faillite de la gouvernance des risques en République Démocratique du Congo, où l'action publique se limite souvent à une réaction politique théâtralisée après les tragédies. Face à la récurrence des catastrophes naturelles, des accidents de transport et des incendies, les auteurs démontrent que la répétition des catastrophes n'est pas due à une absence de lois, mais à une faiblesse systémique de l'inspection et à une corruption institutionnalisée, nourrie par la patrimonialisation de l'Etat et l'absence de reddition de comptes. Sous l'angle de la criminologie environnementale, cette inertie s'assimile à une criminalité d'omission et à une tolérance institutionnelle. A travers l'examen de dix sinistres majeurs survenus depuis 2016 à ces jours, la recherche dénonce une « politique du spectacle » privilégiant l'émotion médiatique au détriment de la prévention technique et des contrôles ex-ante. Ce diagnostic met en lumière un écart profond entre les ambitions normatives de l'Etat et la réalité d'un terrain marqué par l'impunité des décideurs. Enfin, l'article plaide pour une réforme structurelle visant à substituer une culture de la responsabilité managériale et pénalement sanctionnée aux rituels de compassion éphémères, afin de bâtir une gouvernance intégrée de la réduction des risques portée par la résilience locale.
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