Abstract
La République Démocratique du Congo (RDC) fait face à une crise de gouvernance sécuritaire sans précédent, caractérisée par une dualité spectaculaire entre la pérennisation du conflit armé à l’Est et l’émergence d’une insurrection militaro-foncière à l’Ouest (Kwamouth-Maluku). À partir du paradigme criminologique de la réaction sociale, cet article démontre comment la réponse étatique conventionnelle, hyper-militariste et punitive, ne se contente pas de rétablir l’ordre, mais produit aussi, étiquette et reproduit activement la déviance et la violence subversive. En analysant le phénomène de l’« insécurité sécurisée », l’anachronisme des appareils de renseignement et les défaillances systémiques de l’institution judiciaire, cette étude met en lumière le basculement des citoyens vers des justices parallèles et des milices comme réaction réflexive à l’illégitimité perçue de l’État. En mobilisant une méthodologie qualitative mixte (études de cas, enquêtes de terrain et analyse documentaire), l’article formule les fondements d’une refonte du contrat social reposant sur une approche co-constructive et ascendante de la sécurité et du droit.
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